Bernard Leparoux: ‘Nous devons être les maîtres du marché de la pierre naturelle’

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Interview avec Bernard LeparouxAprès 40 ans de travail, Bernard Leparoux, responsable de CUPA STONE Nantes (La Garenne, RN 23, Thouare-sur-Loire), vient de prendre sa retraite, cependant il garde toujours un pied chez nous. Premier entretien avec l’un de nos grands experts de la pierre naturelle. Nous sommes ravis de recueillir les explications de cet homme de métier et la situation actuelle du secteur en France.

Vous avez travaillé pendant 40 années et vous voilà à la retraite. En quoi consistait votre métier ? Comment a-t-il changé au fil du temps ?

À l’époque, il y avait très peu de produits en pierre naturelle (huit couleurs différentes) essentiellement de notre propre production, hormis un ou deux que nous achetions à des petites carrières locales. Tous les produits étaient bruts, les dallages uniquement en Opus Incertum, les moellons naturels, un peu de gravier et de sable issu de la production d’un petit concasseur. Il n’y avait pas d’éclateuse et pas encore de scie.

Tout a basculé au début des années quatre-vingt, d’abord avec la mise en place de cliveuses, puis de débiteuses qui favorisaient largement le travail. D’autres carrières se sont équipées et cela nous a permis d’augmenter la gamme. Le transport routier et maritime s’est aussi beaucoup developpé et nous avons pu commencer à commercialiser des produits étrangers que nous achetions en direct ou via des importateurs européens.

Le marché de la pierre naturelle était parti…

La pierre naturelle constitue le matériau de base de la construction. Quels sont ses nouveaux usages ?

Bien sûr, la pierre a toujours été l’élément indispensable à la construction, comment faire sans… Nos ancêtres prenaient ce qu’ils trouvaient au plus proche, qu’ils extrayaient manuellement, qu’ils transportaient avec peu de moyens. La pierre était posée essentiellement par le maçon, et on la voyait surtout dans l’élévation et pour les plus aisés en sol intérieur, mais très rarement à l’extérieur. Elle était toujours brute de fendage et en fonction de sa nature, sa planéité était variable. Les aménagements extérieurs n’étaient pas la priorité.

Aujourd’hui, tout ça a bien changé. Le jardin est devenu une nouvelle pièce de la maison : il est vrai qu’on passe souvent plus de temps « dehors que dedans ». Le métier de paysagiste est apparu, la piscine est devenue un loisir que beaucoup de gens rêvent de s’offrir. Le confort et la beauté de la terrasse permettent de recevoir les amis, les voisins. On aime y traîner dans les soirées d’été. Les jardinières et les murets égayent les jardins, les bordures délimitent les allées, elles-mêmes recouvertes de pavés. Bref, aujourd’hui les gens mettent souvent beaucoup de cœur à aménager leurs extérieurs. Il y a aussi une pointe de fierté et d’orgueil vis-à-vis des voisins, du public. On veut faire mieux et plus beau, et la c’est sûr, la pierre a son mot à dire.

Selon vous, qui est le plus innovant dans le secteur de la pierre aujourd’hui ?

Pour répondre à la question sur l’innovation, je la séparerai en deux. Tout d’abord l’innovation sur la production, on propose aujourd’hui des produits qui sont quasiment tous d’épaisseur constante (ou presque). Il y a aussi la finition de l’état de surface qui fait qu’on transforme un produit que j’appellerai banal en beauté… Cela a largement contribué au développement du marché.

Ensuite, il y a l’innovation de la gamme. Les ressources que nous apportent aujourd’hui les pays émergents depuis leurs montagnes ou leurs sous-sols sont devenues indispensables à l’activité. Je crois qu’il reste encore beaucoup à faire et je suis persuadé que des nouveautés vont encore arriver.

Quels sont les avantages de la pierre naturelle ?

Il y a longtemps que j’aurais changé de métier si je n’avais pas cru à tous les avantages de la pierre. La durabilité est l’élément essentiel. On construit, on aménage pour que ça dure dans le temps. Et ce, tout en gardant son esthétisme, sa beauté souvent avec la pierre, plus c’est vieux et plus c’est beau, parce que ça s’est patiné, usé naturellement. Enfin, les prix de la mécanisation dans la production sont stables et à la portée de tous.

Quels sont les chantiers dont vous êtes le plus fier ?

En 40 ans, j’ai étudié et livré évidemment beaucoup de chantiers. Ceux dont on se rappelle le plus sont souvent les plus compliqués parce qu’on y a passé beaucoup de temps. C’est le cas pour, entre autres : le Cours des 50-Otages à Nantes, le Centre d’action culturelle à Pointe-à-Pitre, la Cité des Congrès de Nantes, l’Immeuble République à Nantes et le château de Chambord à Blois. Même si on est content quand on traite un beau chantier, on ne l’est pas moins quand le client particulier nous dit qu’il est très satisfait de sa terrasse ou de sa piscine.

Quelle est la situation actuelle du marché de la pierre naturelle en France ? Comment a évolué la vision du public sur ce produit ?

Je pense que globalement la pierre a une bonne cote dans le public. Le souci est que beaucoup de gens pensent qu’ils n’ont pas les moyens de se la payer. Aujourd’hui la pierre naturelle est très accessible, l’arrivée de nouveaux produits souvent très bon marché a fait baisser le coût moyen et on est la plupart du temps moins onéreux que des produits concurrents. Nous sommes le leader français et nous avons le devoir d’être parfaits. Nous devons aussi être en mesure d’imposer des méthodes de pose et d’entretien et, pourquoi pas, si toutes les conditions sont réunies de garantir notre produit.

Pourquoi Nantes Pierres a décidé de collaborer avec CUPA STONE il y a sept ans ?

Bien que sollicités par d’autres groupes, nous avons effectivement choisi de vendre notre beau jouet  à CUPA STONE en 2007. C’est la conclusion d’une longue histoire qui a démarré en 1998 quand CUPA STONE a repondu favorablement à notre sollicitation pour l’achat de la carrière de Saint-Yrieix. Nous avions de très bons rapports avec Bertrand Lanoe (j’en profite pour le remercier). CUPA STONE venait d’investir dans la pierre avec les carrières de Villafranca en Espagne. Depuis sept ans, je pense que l’on peut être fiers de notre réussite. Pour ma part, je pense que le groupe m’a permis de prendre du recul, de réfléchir, d’analyser et enfin de décider. L’entreprise m’a aidé à avoir plus de rigueur dans la gestion quotidienne de l’agence. J’en profite également pour remercier la direction du groupe pour sa confiance à mon égard.

Aujourd’hui, quelle est votre perception de CUPA STONE dans le secteur de la pierre en France ?

Devenu leader français, nous nous devons d’être à la hauteur de notre rang. Nous devons être les maîtres du marché, avec des produits de qualité irréprochables, mais aussi des produits innovants. Je crois aussi beaucoup au développement du STONEPANEL®. Nous sommes propriétaires de carrières avec des pierres « uniques » comme le Gneiss de Saint-Yrieix, les Quartzites de Villafranca et Infercoa. Il y a encore beaucoup à faire, mais CUPA STONE est sur la bonne voie.